
L'entraîneur du club de la capitale est seul. Ses méthodes déplaisent au vestiaire parisien et ne suffisent plus à calmer les attentes des supporteurs.
Aujourd'hui, Kombouaré n'a plus qu'un argument valable pour rester à la tête du PSG. Son licenciement couterait très cher au club parisien, environ 3 millions d'euros. Pour le reste, "Casque d'Or" (surnom qu'il a gagné en marquant un but mémorable contre le Real Madrid, ndlr) semble avoir perdu toute sa crédibilité. Après un début de saison en fanfare, son équipe s'est écroulée en 2010 avec 4 défaites consécutives en ligue 1. Le club pointe aujourd'hui à la 15e place, bien loin du top 5, objectif du début de saison. Kombouaré jouera sa place en février. Il faudra enchaîner les bons résultats pour pouvoir rester à la tête du club jusqu'au 28 février, date du prochain PSG-OM. Un match qui pourrait également être un couperet pour l'entraîneur.
Tout comme le PSG, la méthode Kombouaré s'est essouflée. En arrivant au club, le coach kanak souhaitait se démarquer de son prédécesseur, Paul Le Guen. Plus dynamique, plus volontaire, l'entraineur n'hésite pas à recadrer ses joueurs, même publiquement. La méthode a eu du succès, et a connu son point d'orgue fin septembre 2009. Après un match nul contre Lorient, Kombouaré a pris la défense de son capitaine Claude Makelele. Le PSG pointait alors à la 6e place du classement. Les supporteurs se réjouissaient d'avoir enfin une grande gueule à la tête de leur équipe. Avec lui, c'était sûr, les joueurs se sentiraient protégés, sans pour autant avoir la possibilité de jouer les fainéants.
Les joueurs ne parlent pas, mais n'en pensent pas moins
En interne, cette méthode a rapidement connu ses limites. Des cadres estiment que l'attitude de Kombouaré lui permet davantage de se façonner une image que de faire progresser l'équipe. Pour l'instant, aucun joueur n'ose faire de sortie dans la presse. Mais s'ils sentent que Kombouaré pourrait partir, les langues devraient rapidement se délier. Au sommet du club, on commence également à émettre quelques doutes. Certains choix de coaching ont surpris. Face à Lyon, les changements opérés par Kombouaré n'ont pas été compris. Le président du club, Robin Leproux, a décrété "l'état d'urgence" samedi soir. Qui dit état d'urgence dit possibilité de mesures drastiques. Kombouaré ne résisterait sûrement pas à des contre-performances dans l'est de la France (le PSG affronte cette semaine Vesoul et Nancy, ndlr).
Pour les supporteurs, les coups de gueules et les coups de sang de l'entraîneur sont une bonne chose, mais ils ne remplacent pas les victoires. Finalement, le triste Le Guen avait de biens meilleurs résultats la saison passée. Après des années de disette, les fans du club veulent retrouver la ligue des Champions. Jusqu'à samedi soir, les fans s'en prenaient avant tout à l'actionnaire majoritaire, Colony Capital, accusé de ne pas s'intéresser au destin sportif du club. Mais la déroute face à Lorient a changé la donne pour Kombouaré. Pour la première fois, sa démission a également été demandé. Le Kanak pourrait donc rapidement être poussé vers la sortie, et pas forcément sous la forme d'un licenciement. On imagine plus sûrement une nouvelle organisation au sein du club qui pourrait fragiliser son poste et son influence, le poussant ainsi à démissionner.