
Eliminé des deux coupes nationales en quatre jours, l'Olympique lyonnais n'a plus que le podium de la Ligue 1 comme ultime objectif afin de décrocher une nécessaire qualification en Ligue des Champions et éviter que la saison ne soit un fiasco au vu des sommes engagées.
Battu 1-0 à Lorient mercredi, l'OL, d'une rare faiblesse technique, n'a guère justifié sur ce match, comme sur d'autres durant l'automne, les 78 millions d'euros investis dans le recrutement depuis l'été dernier avec les arrivées de Lisandro Lopez et Aly Cissokho (FC Porto), Michel Bastos (Lille), Bafétimbi Gomis (Saint-Etienne) et dernièrement Dejan Lovren (Dinamo Zagreb).
Au vu de ses résultats, le club lyonnais pourra néanmoins faire l'économie des bonus liés aux performances prévus dans les contrats.
Cinquième de la Ligue 1, à onze points du leader Bordeaux, l'OL n'évoque plus la première place mais ambitionne seulement de "remonter le plus rapidement possible sur le podium et le défendre", selon les propos récents de Claude Puel, toujours soutenu par le président Jean-Michel Aulas.
"Il serait malsain d'imaginer que l'entraîneur porte une part de responsabilité dans cette défaite", a-t-il défendu.
Santé financière en jeu
"La critique est facile et l'art est difficile. Nous subissons en permanence les quolibets mais nous ne dévierons pas de notre chemin", a prévenu le président de l'OL.
L'an dernier, la perte du titre et la 3e place avaient contribué, entre autres, à l'importante baisse du résultat net financier d'OL Groupe pour l'exercice 2008-2009, passé de 19,9 millions d'euros à 5,1 millions d'euros par rapport à 2007-2008 malgré le transfert au Real Madrid de Karim Benzema, pour 35 millions d'euros.
La santé financière en serait forcément affectée encore plus si l'équipe ne décrochait pas sa onzième qualification consécutive pour la Ligue des Champions.
Le président Jean-Michel Aulas admet de côté que son club pourrait ne pas remporter le moindre titre cette saison, comme la précédente.
"Les poètes veulent des coupes. Moi, je ne rêve pas. Il faut pour des raisons évidentes jouer la Ligue des Champions. Si nous la disputons tous les ans, c'est une réussite. C'est le véritable objectif du club", souligne-t-il.
Coup d'arrêt
Ces deux défaites consécutives à Monaco (2-1) et à Lorient mettent un coup d'arrêt au bon début d'année des Lyonnais.
Ceux-ci restaient sur quatre victoires consécutives avant de perdre deux fois, malgré un état d'esprit positif, insuffisant toutefois face à l'absence de cohérence collective, de densité physique, et surtout de talent individuel à l'exception de quelques éléments isolés.
Ainsi, mercredi la tristesse et le désarroi de Lisandro Lopez, à la pointe de l'attaque, ont fait peine à voir autant que les efforts de son compatriote Cesar Delgado pour tenter d'éclaircir un jeu lyonnais sans mouvement et miné par le déchet technique.
L'état du terrain du Moustoir, indigne d'un match professionnel, ne peut être la seule excuse, mise en avant entre autres par Jean-Michel Aulas.
Parmi ses griefs figurent aussi le calendrier. "Nous en étions au 6e match en trois semaines dont quatre à l'extérieur", dit-il. "Je me fais du souci pour dimanche car sur le plan de l'équité c'est compliqué. Paris était devant sa télé ce soir...", a-t-il déjà commencé à se plaindre.
L'arbitrage est aussi la cible de l'ire présidentielle comme elle l'était déjà à Monaco, dimanche. Comme un aveu de faiblesse: il y a peu, ce sont les adversaires de l'OL qui déploraient quelques décisions litigieuses à leur encontre.